18° EUROCOUPE DE FOOTBALL DES SEMINARISTES
Mars 2002 - Stade de Solliès-Pont ( Var )

              L'Esprit de Pentecôte entre au stade

        Pour la dix-huitième année, des séminaristes français et européens se sont retrouvés autour du ballon rond, pour l'Eurocoupe des séminaires 2002, à quinze kilomètres de Toulon. Ambiance sportivo-religieuse ...

        Terrain quatre, match entre Maribor et Belfast. On the footballfield four, match between Maribor and Belfast. Avec la sono à fond, ambiance festive au stade de Solliès-Pont ( Var ) : l'Eurocoupe des séminaristes bat son plein. Les matchs de deux fois dix minutes se succèdent à loisir pour les vingt-deux équipes venus de neuf pays différents. Cols romains ou soutanes déposés sur les bancs de touche, nos séminaristes donnent de la tête et du pied pour caser ce fichu ballon rond au fond des buts.

      Des rencontres dans les règles de l'art, mais avec un esprit étonnamment évangélique : Là, si je fauche mon ami, alors tout de suite je peux laisser le ballon et l'aider à se relever. C'est le bon esprit que j'apprécie ici. Il n'est pas question de gagner pour gagner : on vient ici pour se dépenser, jouer et connaître l'autre, affirme, avec un large sourire, Thomas Adjetey, jeune Togolais en formation à Issy-les-Moulineaux.

        Comme le dit sportivement Christophe Rouard, séminariste belge, cette année il y a beaucoup plus de monde : des Italiens, des Espagnols, et aussi des représentants des pays de l'Est. Au total, deux cent soixante quinze séminaristes accueillis par la Castille, le séminaire de Toulon, et les dix-huit paroisses environnantes. Assurances, nourriture, logement ... Tout a été pris en charge par la communauté chrétienne varoise. Dont beaucoup de familles se sont empressées de loger tout le monde pour les deux nuits de vendredi et samedi.

        D'après Leszek Jakoniuk, 26 ans, prêtre polonais depuis un an, ces rencontres permettent, certes, d'élever notre niveau sportif et nos connaissances linguistiques. Mais cela favorise surtout les échanges, comme deviser sur les différents façons de faire de la catéchèse.

        Cette coupe de football permet de rencontrer les autres séminaristes, c'est vraiment une bonne initiative, confirme Enrico Gorgini dont le physique laisse à penser qu'il est un fervent amateur de football ... à la télé. Car au-delà de l'enjeu sportif, comme le remarque un prêtre d'une paroisse locale : le foot est une rencontre intéressante, mais ce qui est important, c'est tout autour : la prière, l'amitié, la découverte. Avec des liens qui se confortent année après année. Ah ! j'aurais aimé connaître cela en mon temps, cela m'aurait apporté une ouverture d'esprit, d'autres manières de concevoir notre mission. Une mission commune avec des réalités différentes, témoignage tangible de l'unité de l'Eglise dans la diversité. Au-delà des différences linguistiques, il a senti planer un esprit de Pentecôte sur cette rencontre internationale.

        Emmanuel Gribben semble de cet avis, même si au petit déjeuner, il fallait parler italien et français. C'était dur pour mon cerveau, surtout à six heures du matin. Professeur de liturgie dans le nord de l'Angleterre, il reconnaît avec enthousiasme que ces trois jours sont un boost pour le moral et que l'on se sent ainsi moins isolé. Quant à la performance physique des Britanniques, il avoue en riant que c'est bon pour l'humilité !

        Heureux, le père Philippe Le Pivain, directeur du séminaire de la Castille, résume ces journées : on découvre à travers ce type d'expérience la réalité de l'Eglise dans ce qu'elle a de plus profond. Une communion qui s'irradie de l'intérieur et qui va s'exprimer dans des contextes culturels différents. Mais ces différences deviennent complémentarités dans la mesure où l'on s'enracine sur ces richesses en profondeur. C'est cela l'Eglise !

        L'équipe polonaise de Drohiczyn a remporté la coupe. Et comme le confie Krzysztof Grzybowski, je suis très content, car l'atmosphère était très sympathique. Nous sommes tous amis. Le but n'était pas de gagner, mais de jouer tous ensemble. Une bienveillance et un bon esprit que l'équipe italienne a aussi remporté haut la main. A défaut de coupe, ils ont reçu le prix de l'équipe la plus accueillante : c'est celle qui a reçu le plus de buts ... 

                  article rédigé par Cyril Lepeigneux pour la revue : Famille Chrétienne

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