SERVICES RELIGIEUX ET MISSIONNAIRES AUX J.O. DE PEKIN
En vue des Jeux olympiques, le gouvernement chinois, tout en veillant à
ce que les visiteurs étrangers puissent bénéficier de services religieux,
expulse des missionnaires protestants étrangers, indique « Eglises d’Asie
», l’agence des Missions étrangères de Paris (EDA 469).
« Tout sera fait selon les standards adoptés par les autres villes hôtes des
Jeux olympiques », a déclaré au China Daily le vice-président de l’Association
patriotique des catholiques chinois. Anthony Liu Bainian évoquait les
infrastructures mises en place par la Chine pour veiller à ce que les athlètes
et les visiteurs étrangers qui viendront en Chine pour les JO d’août 2008
puissent bénéficier de services religieux. Il a notamment mis en avant le fait
qu’une église « chrétienne » trouvera, temporairement, place dans le
village olympique à Pékin et qu’un « centre de service religieux » y sera
actif, animé par « soixante volontaires issus des cinq principales religions
de la Chine », soit les religions reconnues officiellement, le bouddhisme, le
taoïsme, l’islam, le protestantisme et le catholicisme.
Selon le site Internet du diocèse catholique de Pékin, le Bureau des Affaires
religieuses de la municipalité de Pékin a organisé une session de formation
du 24 au 26 juillet dernier pour briefer ces soixante volontaires à propos «
des cultures de la Chine et de sa législation et politique religieuses ». Le
diocèse de Pékin avait envoyé deux de ses prêtres, quatre de ses religieuses
et trois de ses séminaristes à la session.
Par ailleurs, dans la capitale ainsi que dans les villes où des compétitions
olympiques auront lieu, les Eglises catholiques locales ont prévu de conduire
des services religieux en langues étrangères. Dans des villes comme Pékin,
Shenyang ou Shanghai, de telles messes en anglais, en coréen ou dans d’autres
langues sont célébrées depuis plusieurs années déjà. A Qingdao, où auront
lieu les compétitions nautiques, ou bien encore à Tianjin, des équipes ont
été mises en place dans les deux cathédrales, pour préparer la célébration
de la liturgie en anglais. Le site officiel des Jeux olympiques de 2008 liste
les lieux de culte les plus connus de Pékin, que ce soit les cinq églises
catholiques du centre-ville ou bien encore les temples protestants de Gangwa et
de Chongwenmen, la mosquée de Niujie, le temple taoïste de Baiyunguan
(‘Nuage blanc’) ou le temple tibétain de Yonghegong.
La « China Aid Association », une organisation de soutien aux Eglises
protestantes, basée aux Etats-Unis, note toutefois que la pression exercée par
la Sécurité publique sur les groupes religieux non enregistrés, les Eglises
domestiques protestantes notamment, s’est très nettement accrue ces derniers
temps. Depuis la mi-juillet, une campagne est en cours dans les provinces de
Mongolie intérieure, du Xinjiang, du Jiangsu, du Henan, du Shandong, du Shanxi
et de l’Anhui, et au moins dix-sept dirigeants de communautés chrétiennes
ont été interpellés. De plus, les autorités ont accentué leurs opérations
dirigées contre les missionnaires étrangers actifs sur le territoire chinois.
Entre avril et juin derniers, plus d’une centaine d’entre eux ont été
expulsés, Pékin cherchant à contenir l’afflux de pasteurs évangéliques et
pentecôtistes étrangers, très actifs en vue des Jeux olympiques de l’été
prochain (1).