LA PADRE CUP 2010
article paru dans Sudpresse.be

                Le curé de Salzinnes se distingue à la Padre Cup

Cédric Claessens en équipe avec son vicaire est arrivé quatrième

Cédric Claessens en équipe avec son vicaire est arrivé quatrième
En équipe avec son vicaire et un religieux de Madagascar, le père Cédric Claessens, curé à Salzinnes a chauffé la gomme dans les Yvelines, lors du 3ème championnat de karting des prêtres. Les juges ont dû le rappeler à l'ordre. Sa conduite risquait de le conduire au paradis.

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Malgré l'abondance de soutanes et de cols romains, ce n'est pas un parfum d'encens qui régnait à Trappes dans les Yvelines lundi. Mais une odeur de pneus. Une septantaine de prêtres français briguaient la 3e Padre Cup, le championnat de karting réservé au clergé.

Pour la première fois, elle accueillait des concurrents étrangers. Curé à la paroisse Sainte-Julienne de Salzinnes à Namur, Cédric Claessens (37 ans) s'alignait avec son vicaire Fabien Lambert (32 ans). Le tandem s'étant pris un peu tard pour s'inscrire, il a été associé à un prêtre de Madagascar. Chaque équipe devait comporter trois membres.

Plusieurs épreuves ponctuaient la journée. “ On s'est classé second à la course d'endurance après avoir très bien roulé ”, explique Cédric Claessens qui débutait presque. Il avait pris pour la première fois le volant d'un kart le week-end précédent à Floreffe. Malgré l'inexpérience, il a enfoncé le champignon à la Padre Cup. “ Un directeur de piste m'a fait arrêter pendant quelques secondes car je roulais trop dangereusement ”. Au classement final, le team belge s'est hissé à la troisième place ex-equo du chrono, mais rétrogradé en quatrième position après le décompte des points.

Le coma et Dieu

Prêtre depuis sept ans, Cédric Claessens a toujours l'esprit de compétition. Dans une autre vie, il a brillé dans le bicross, devenant notamment champion de Suisse à 17 ans, un pays où le Belge a résidé avec mes parents. La discipline consiste à couvrir 380 mètres en vélo BMX avec des pointes à 50 km/h et des sauts de 10 m.

J'avais des sponsors, de l'argent et des amis. Je menais une existence super et puis j'ai rencontré le bon Dieu. J'ai voulu faire connaître l'amour que je ressentais ”, se souvient-il. Le premier signe a été une chute devant 20.000 spectateurs à Bercy. “ Rate éclatée et coma, résume l'ex-coureur. J'ai cru mourir. J'ai prié. J'ai alors senti qu'il y avait quelqu'un ”. Pendant plusieurs années, il a lutté, avant de céder à l'appel du sacerdoce.

Aujourd'hui, il n'a pas renoncé à son passé: “ Le sport et la foi sont complémentaires, le bien-être du corps et de l'âme ”, dit-il. La veille de la Padre Cup, il a fait une démonstration de BMX à ses paroissiens lors d'une fête, sautant au-dessus de ses ouailles. À la fin de l'été, il participera à une course en VTT dans les Alpes avec 3.000 m de dénivelé: “ Pas pour gagner, juste pour voir mon niveau ”. Par contre, il compte bien monter sur le podium de la prochaine Padre Cup avec son vicaire. Une occasion de s'amuser, mais aussi d'aider. Le championnat permet de recueillir des fonds pour des actions caritatives, 2.500 € cette année.

Yannick hallet