LA PADRE CUP 2011
article paru sur le site de la croix le 8 juin 2010 et quelques commentaires

            Dérapages

Faut-il savoir conduire un kart pour faire un bon prêtre? Non, certes, et les organisateurs de la «Padre cup» une course de karting réservé au clergé qui s’est déroulé lundi sur le circuit Jean-Pierre Beltoise, dans l’ouest parisien, n’iraient évidemment pas jusque-là. Dans leur esprit, disent-ils, il s’agit de moderniser l’image du prêtre, de montrer que des prêtres jeunes et décomplexés cela existe, bref, de dépoussiérer quelques clichés… Fort bien. En visionnant la vidéo de la course, on sourit d’abord, car après tout, rien de méchant à cela. Puis vient un certain malaise. D’abord, cette compétition toute masculine, un brin macho, pour un sport bruyant, bien peu respectueux de la nature, un sport qui semble à première vue violent, est-ce vraiment une bonne image pour les prêtres? On voit ces jeunes hommes -en noir – s’amuser, vociférer, être encouragé par d’autres jeunes hommes, sans doute des séminaristes… Et au total, de tout cela, quelle image du prêtre et de l’Église en ressort, puisque c’est de cela qu’il s’agit?
J’aime bien cette réflexion de Benoît XVI: «quand on veut s’interroger sur l’Église aujourd’hui, c’est dans une large mesure pour se demander comment la transformer, et la rendre meilleure. Mais pour réparer ne serait-ce qu’un objet, et à plus forte raison pour guérir un organisme tout entier, il faut avant tout examiner comment s’articule cet organisme. Et si l’on tient de surcroît à ne pas tout briser, il faut commencer par s’interroger sur l’être même de ce que l’on entend modifier. Aujourd’hui, la volonté d’agir dans l’Église réclame avant tout de la patience, la patience de se demander ce qu’est l’Église, d’où elle vient, à quelle fin elle tend»… La patience de se demander ce qu’est l’Église… voilà un beau programme pour nos coureurs de karting, lorsqu’ils auront franchi la ligne d’arrivée

Isabelle de Gaulmyn

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