Faut-il savoir conduire un kart pour faire un bon prêtre? Non,
certes, et les organisateurs de la «Padre cup» une course de karting
réservé au clergé qui s’est déroulé lundi sur le circuit Jean-Pierre
Beltoise, dans l’ouest parisien, n’iraient évidemment pas jusque-là.
Dans leur esprit, disent-ils, il s’agit de moderniser l’image du prêtre,
de montrer que des prêtres jeunes et décomplexés cela existe, bref, de
dépoussiérer quelques clichés… Fort bien. En visionnant la vidéo
de la course, on sourit d’abord, car après tout, rien de méchant à
cela. Puis vient un certain malaise. D’abord, cette compétition toute
masculine, un brin macho, pour un sport bruyant, bien peu respectueux de
la nature, un sport qui semble à première vue violent, est-ce vraiment
une bonne image pour les prêtres? On voit ces jeunes hommes -en noir –
s’amuser, vociférer, être encouragé par d’autres jeunes hommes, sans
doute des séminaristes… Et au total, de tout cela, quelle image du
prêtre et de l’Église en ressort, puisque c’est de cela qu’il s’agit?
J’aime bien cette réflexion de Benoît XVI: «quand on veut s’interroger
sur l’Église aujourd’hui, c’est dans une large mesure pour se demander
comment la transformer, et la rendre meilleure. Mais pour réparer ne
serait-ce qu’un objet, et à plus forte raison pour guérir un organisme
tout entier, il faut avant tout examiner comment s’articule cet
organisme. Et si l’on tient de surcroît à ne pas tout briser, il faut
commencer par s’interroger sur l’être même de ce que l’on entend
modifier. Aujourd’hui, la volonté d’agir dans l’Église réclame avant
tout de la patience, la patience de se demander ce qu’est l’Église, d’où
elle vient, à quelle fin elle tend»… La patience de se demander ce
qu’est l’Église… voilà un beau programme pour nos coureurs de karting,
lorsqu’ils auront franchi la ligne d’arrivée
Isabelle de Gaulmyn