MARIE-FRANCOISE LUBETH
Le sport : un plaisir qui vient de Dieu
Chirurgien-obstétricienne, secrétaire générale de la CEAF ( Communauté d’Églises d’expression africaine en France) , elle a été une sportive de haut niveau, sélectionnée dans l’équipe de France du relais 4 fois 100 mètres pour les J.O. de Los Angeles (1984). 43 ans, née à Lille d'un couple antillais; baptisée mais sans pratique, fait une conversion dans une église pentecôtiste (membre de la FPF).
«L’entraînement sportif est un effort très contraignant:
on est constamment amené à se dépasser pour améliorer ses performances. Ce
sont des moments difficiles qui engendrent de grandes souffrances physiques et
mentales parce qu’elles sont répétitives: le lendemain, l’entraînement
reprendra, toujours plus dur; on a des moments de doute. À l’époque, je
n’avais pas la foi et je m’accrochais à des principes forts, comme le dépassement
de soi: je me regardais dans un miroir et je me disais: "c’est moi qui
ai réussi telle performance".
J’ai mené de front mes études de médecine et le sport de haut niveau; je
puisais en moi pour m’obliger à me surpasser. J’avais un plan de travail très
organisé, au quart d’heure près. Les examens ont souvent lieu dans les périodes
de compétitions: si un examen se passait entre 9h et 11h30, j’avais une dérogation
pour quitter à 11h, ce qui me donnait une demi-heure de moins qu’aux autres!
Dans le sport de haut niveau, il y a des à-côtés qui m’en ont détournée,
à commencer par les rivalités, le "toujours plus" qui vous est
demandé et qui peut conduire au dopage, la crainte du moindre traumatisme.
À la suite de maladies, j’ai eu de longues périodes sans sport: quand j’ai
repris, je me suis sentie si bien que j’ai béni Dieu. Être bien dans son
corps, c’est être bien dans son âme. Le sport plaisir est pur, intense et
l’on remercie Dieu d’éprouver ce plaisir».