LA RELIGION DANS LES
PELOTONS
Un corps sain dans un esprit Saint !
Le championnat de France cycliste du clergé s'est déroulé à Cléry-Saint-André. Au-delà de la simple performance physique, ce fut un moment de recueillement et de réflexion. Détails.
Message de Mgr André
Fort, évêque d'Orléans, à l'attention « des frères, prêtres, diacres et séminaristes
» et délivré aux fidèles réunis, en ce mardi 1er mai, sous les voûtes de
la basilique de Cléry-Saint-André : « Je suis heureux que vous soyez là pour
les approuver, les encourager et les applaudir tous ».
Autre message adressé, celui-là, aux quarante-et-un engagés, hommes et
femmes, du championnat de France cycliste du clergé organisé pour la première
fois dans le Loiret : « Je vous félicite d'avoir compris ce qu'est la vraie
place du sport dans votre vie et comment le temps que vous y consacrez est au bénéfice
de la mission que le Christ est venu vous confier ».
Contre-la-montre de 8,4 km le matin, épreuve en ligne de 49,2 km l'après-midi,
et messe entre les deux, la quête du maillot tricolore est allée cette semaine
au-delà de la simple performance sportive. Elle fut aussi et surtout un moment
de recueillement et de réflexion. « L'occasion », selon Mgr Fort, « de redécouvrir
que le sport, comme le travail, est une activité au service de l'homme. Qu'il
s'agit, pour lui, de développer, de cultiver ses possibilités physiques, de
telle sorte, comme dit le bel adage, d'avoir un « esprit sain dans un corps
sain ».
La tentation du dopage
Et l'évêque d'Orléans de mettre en garde le peloton : « Le sport est d'abord
au service de la santé, et non pas de la vaine gloire. Et nous savons
aujourd'hui comment le monde sportif, lui même, risque de se laisser détériorer
par des ambitions qui ne mesurent plus à quel point les valeurs du sport
contribuent à la santé de la société ». Miséricorde ! Le culte de la vaine
gloire, « du succès à tout prix », qui entraîne « la tentation du dopage
et des rémunérations disproportionnées pour les grands champions ». Des «
difformités » qui induisent « les plus jeunes dans des séductions et des
erreurs déplorables ».
Bien loin de toutes ces dérives, de toutes ces tentations aussi, Jean-Marc
Eychenne, 51 ans, prêtre à Orléans-La-Source depuis quatre ans et licencié
à Jargeau, a vécu ce championnat de France « comme un moment de détente ».
Par ailleurs ceinture noire de judo, venu dans les pelotons « par amitié »
pour Robert Leroy, l'une des chevilles ouvrières de l'organisation, il s'est
classé 37e de l'exercice en solitaire et 35e de la course en circuit, sur « un
parcours technique avec beaucoup de relances », où les meilleurs, le vent dans
le dos, ont, par endroits, réussi à emmener le douze dents Incapable « de se
dépouiller » le matin dans le contre-la-montre, le père Robert Leroy, lui, a
été sacré, l'après-midi, dans l'épreuve en ligne et sur ses routes d'entraînement.
Grâce à Dieu, sans doute. « Dieu est pour tout le monde. Je ne mérite pas
Dieu plus que les autres, mais il faut s'entraîner », a-t-il expliqué à
l'arrivée, juste après sa victoire au sprint.
Le championnat de France du clergé est né en 2000 à l'initiative de l'équipe
des prêtres de Montoire (Loir-et-Cher).
« La première année, il y avait douze participants. Douze participants, douze
apôtres Un signe sans doute », plaisante Yannick Jegou, l'un des créateurs de
l'épreuve. Le projet a germé à l'occasion du baptême de sa petite-fille.
L'esquisse de la première affiche a été dessinée au cours d'un repas. Elle
représentait un « prêtre pédalant avec une... soutane ». Pas pratique pour
rouler, certes, mais peu importe. Amen.
article rédigé par Laurent Coursimault pour la revue : La République du centre 09/05/07