Congrès international à l'UNESCO, Paris - 14 et 15 Avril 1998


Qu'ils soient catholiques, chrétiens des églises réformées ou orthodoxes, de religion ou de tradition boudhiste, juive, musulmane ou non croyants, les participants au Congrès organisé conjointement par la Fédération Catholique d'Education Physique et sportive (FICEP) et par la Fédération Sportive de l'Enseignement Catholique (FISEC), sur le thème :

"ACTIVITE SPORTIVE ET LIBERTE SPIRITUELLE"
"Le sport dans une société multi-culturelle et multi-religieuse"

ont adopté la déclaration suivante :

Déclaration finale

En plein essor depuis le début de ce siècle, l'activité sportive, - jeu et mouvement physique - est devenue un phénomène de société que nul ne peut ignorer.

Dans tous les pays, qu'ils soient dits "développés" ou "en voie de développement", le sport réunit régulièrement sur les stades, dans les salles spécialisées, voire dans la rue, ou même dans la nature, des millions de pratiquants ou de spectateurs.

Dans un monde qui évolue rapidement, l'activité sportive fait de plus en plus partie de la culture des peuples. Loué par les uns comme remède aux maux de notre société, dénigré par les autres comme source de violence et de manipulation des individus, "le sport est-il aliénation ou libération de la personne humaine ?".

A l'occasion du Jubilé des sportifs, le 12 avril 1984, Sa Sainteté le Pape Jean-Paul II, a proclamé "le sport, valeur fondamentale, à l'égal du travail, de la famille, de l'amour", donnant ainsi au sport ses lettres de noblesse.
Est-ce suffisant pour qu'il en soit ainsi ?

Comme toutes les autres valeurs citées, le sport sera ce que les hommes en feront. L'exploitation de l'homme par le travail, l'asservissement sexuel des hommes, des femmes, des enfants, la dislocation des familles pour quelque cause que ce soit, sont des facteurs d'aliénation de la personne humaine. Mais le travail, l'amour, la famille sont aussi pour cette même personne humaine des moyens de développement, d'épanouissement et d'accomplissement de soi, en liaison avec les autres. Nous souhaitons qu'il en soit de même pour le sport. C'est pourquoi :

Nous condamnons

Nous souhaitons

que l'activité sportive contribue :

Nous estimons

que dans un monde où la transmission des valeurs est difficile, où les jeunes ont de moins en moins de repères et sont souvent dépourvus de perspectives d'avenir, où la recherche du profit estompe le respect dû à la personne humaine :

C'est pourquoi,

Nous croyons

Nous demandons

Les différentes parties associées au Congrès International "Activité sportive et liberté spirituelle" soutiennent la présente déclaration.

Elles appellent tous les partenaires de l'activité sportive à s'engager dans la voie tracée, en lançant toute initiative ou en mettant en oeuvre toute action susceptible de promouvoir la pratique de l'activité sportive et de l'éducation physique dans le respect des cultures et des courants de pensée, avec le souci d'en faire des outils de libération plutôt que d'aliénation de l'homme : plus l'homme sera libre, plus il sera créateur.

Elles espèrent que le partage des valeurs ainsi acquises ou développées permettront à chacun de témoigner de sa foi en l'homme et, de plus, pour les croyants, de sa foi en Dieu.

A l'UNESCO, Paris, le 15 Avril 1998